Les brigands du Jorat

tiré des « balades en forets cantonales vaudoises » no. 12

Gare aux brigands du Jorat !

Pendant tout le Moyen Age et même jusqu’au commencement du XVIIIème siècle, le Jorat fut le centre d’opérations d’une bande de brigands, organisée pour dévaliser et piller les voyageurs.

Aucune route n’était sûre et les mauvaises auberges de la région n’offraient qu’une sécurité relative. La grande route du Jorat, qui passait par le Chalet-à-Gobet et par l’étape appréciée de l’hospice de Ste Catherine fournissait la plupart des victimes. Car les brigands guettaient les voyageurs surpris par la nuit au retour d’un jour de marché ou de foire.

Plusieurs bandes travaillaient séparément, assassinant jusqu’aux portes de Moudon, et même entre Villeneuve et Aigle. Les brigands ne se servaient jamais d’armes à feu. Mais d’épées, de couteaux, et de leur arme favorite, le « paux », bâton avec lequel ils assommaient leurs victimes et dont le maniement était transmis de père en fils dès le plus jeune âge.

Ne vivant que de produit de leurs crimes, ils étaient la terreur des voyageurs, mais semblent ne pas avoir menacé les gens de la contrée, qui leur assuraient peut-être une certaine protection : le villageois menant sa charrette sur le Chemin des Paysans plongé dans l’épais brouillard joratois n’était pas inquiété, mais gare au marchand cossu s’aventurant seul.

Pour mettre fin aux méfaits des brigands, les Bernois durent prendre des mesures rigoureuses. Chaque année, plusieurs brigands étaient roués ou pendus et, du 16 octobre à la fin décembre 1702, vingt cinq brigands périrent sur la roue ou furent pendus à Vidy. Leurs cadavres restèrent exposés là jusqu’en juillet de l’été suivant. En fait, ce qui contribua surtout à la fin des brigands du Jorat, ce fut l’adoucissement des mœurs produit par l’éducation due aux pasteurs et régents bernois, qui sillonnèrent les contrées les plus reculées.

P.S. selon une brochure prêtée par Gérard Dous